La trésorerie s’accumule durablement dans les bilans… qui s’occupe du coût de portage ?

Conjoncture mondiale dynamique, raccourcissement des délais de paiement clients, reprise des marges, prix du pétrole modéré… la période de grâce économique de l’année 2017 se reflète dans le climat des affaires – au plus haut depuis 10 ans en France selon l’INSEE – et dans la trésorerie des entreprises.

Selon une étude du cabinet Redbridge, un autre facteur vient contribuer à cette augmentation de la trésorerie. L’étude des rapports annuels des 101 plus importantes sociétés cotées non financières françaises met en avant la contribution importante du recours à l’endettement dans l’augmentation du cash détenu par les entreprises.

Les entreprises du SBF 120 profitent depuis plus de trois ans de la détente des conditions de financement pour renforcer leur profil de liquidité. En 2016, la trésorerie des 101 sociétés étudiées a ainsi augmenté de 23 milliards d’euros tandis que leur endettement brut a augmenté de 35 milliards d’euros : les fonds levés par endettement sont majoritairement replacés en trésorerie.

La tendance devrait se poursuivre en 2017. Année dynamique pour les émissions obligataires, les fonds levés iront à nouveau faire grossir le poste « disponibilités ».

Les grandes entreprises accumulent les liquidités

Profitant de la baisse du loyer de l’argent et du fort appétit des banques pour la production de crédits, les entreprises du SBF mais aussi les ETI accumulent des liquidités, sans forcément employer les fonds. Combien de temps ce cash peut-il être conservé ?

À terme, les actionnaires demanderont certainement une allocation d’actifs plus créatrice de valeur. On pourrait donc assister à une vague d’acquisitions ou à un retour du cash aux actionnaires (dividendes exceptionnels ou rachats d’actions), entraînant une augmentation du levier financier et une légère dégradation de la solvabilité des entreprises, permise par des situations dans l’ensemble très saines.

Nécessairement plus prudentes, les entreprises les plus vulnérables à un retournement de cycle préfèrent certainement garder des réserves pour faire face aux effets d’un futur resserrement monétaire.

La problématique du placement : minimiser le coût de portage

Selon l’enquête mensuelle AFTE – Coe-Rexecode sur la trésorerie des entreprises, les trésoriers ne s’illustrent pas par leurs efforts pour replacer leurs excédents de trésorerie : le véhicule de placement le plus utilisé reste … le cash ! Déjà satisfaits par des taux d’intérêt bas sur l’emprunt, l’enjeu du replacement passe au second plan.

Un calcul par forcément optimal : les taux ont beau être bas, le coût de portage reste élevé si les fonds ne sont pas replacés. Un financement à 2% replacé à 0% est aussi coûteux qu’un financement à 5% replacé à 3% !

Reste à savoir ce qui démotive les trésoriers : la sensation de travailler pour 0 ou l’apparente difficulté à trouver des placements de trésorerie à taux positif pour une entreprise ?

Découvrez tous nos produits de placement

Post Author: Nicolas

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *