[ÉDI’TAUX] La pentification de la courbe des taux crée des opportunités sur les comptes à terme

Depuis le dernier Édi’taux, la courbe des taux s’est pentifiée : les taux sont globalement remontés, mais cette remontée a été faible sur les taux courts et plus forte sur les taux longs.

  • EONIA : -0,46 % (+1 bp)
  • Euribor 3 mois : -0,39 % (+2 bp)
  • Euribor 6 mois : -0,33 % (+6 bp)
  • OAT 10 ans : +0,01 % (+18 bp)

Au cours du mois, les marchés de taux ont d’abord évolué en parallèle avec les indices boursiers pendant la publication des résultats du troisième trimestre, puis au rythme des espoirs – souvent déçus – d’un accord commercial entre les États-Unis et Chine. La tendance a été globalement haussière, l’optimisme poussant les indices boursiers à de nouveaux plus hauts.

L’OAT 10 ans est repassée au-dessus des 0 %, regagnant jusqu’à 50 bp par rapport à son point bas d’août 2019. Ce mouvement n’est pas isolé : tous les taux longs de la zone euro se sont appréciés. Pour l’anecdote, l’obligation 10 ans italienne rémunère désormais le même taux que l’obligation grecque : 1,30 % à 10 ans.

Christine Lagarde devra rassembler une BCE dispersée

Le 1er novembre, Christine Lagarde a débuté son mandat de 8 ans à la tête de la Banque Centrale Européenne.

On s’attend à ce qu’elle élargisse l’éventail des questions dont la BCE peut se saisir, notamment la transition énergétique et à la lutte contre le changement climatique. Elle devra aussi piloter la sortie de la politique monétaire généreuse de Mario Draghi qui a relancé, juste avant son départ, un dernier programme de rachat d’obligations pour 20 milliards d’euros par mois sans limite de temps.

La semaine du 4 au 8 novembre, la BCE a ainsi acheté 2,8 milliards d’euros d’obligations d’entreprise, un montant supérieur aux attentes. Rappelons que la BCE peut acheter à la fois des titres émis par des États et des entreprises, sans toutefois descendre sous la notation de catégorie « investissement ». Les achats d’obligations d’entreprises sont particulièrement observés car jugés encore plus exceptionnels et non orthodoxes que les achats d’obligations d’État.

À la fin de son mandat, Draghi avait perdu la confiance d’une partie des gouverneurs, notamment ceux issues de l’Allemagne et des Pays-Bas qui jugeaient sa politique inutile et risquée, et se demandaient si les inconvénients de ces mesures ne finiraient pas par en surpasser les bienfaits.

Aujourd’hui, la BCE est le principal investisseur en obligations souveraines de la zone euro. Les rendements négatifs atteignent la solvabilité des assureurs, et la difficulté croissante à trouver des actifs peu risqués à taux positif pénalise durablement leur rentabilité. Des taux plus bas vont-ils réellement inciter les entreprises et les ménages à emprunter davantage ? L’inflation peut-elle tendre vers 2 % simplement en poursuivant les injections de liquidités ?

La prochaine réunion de la BCE, le 12 décembre, ne devrait pas amener de changement sur le niveau des taux. On observera surtout les éléments de langage relatifs au programme de rachat d’actifs, dont l’échéance reste à déterminer.

La Fed baisse les taux pour la troisième fois de l’année sans faire l’unanimité

Après les baisses de taux survenues juillet et de septembre, la Réserve Fédérale a abaissé fin octobre une troisième fois son taux directeur d’un quart de point, amenant la fourchette-cible à 1,5 %, – 1,75 %.

La décision n’a pas été consensuelle : deux des douze membres du comité s’étaient prononcés en faveur d’un statu quo.

Le taux de chômage au plus bas historique et le contexte économique actuel toujours décent ne justifiaient pas forcément cette baisse… mais les pressions de Trump, l’intérêt de garder un dollar faible et les perspectives mondiales mitigées ont fait pencher la balance du côté de la baisse.

Pour la suite, les décisions, précise la Fed, dépendront des données économiques. La croissance du PIB américain, même si elle ralentit, est en hausse de +1,9 % au troisième trimestre en rythme annuel. C’est un rythme honorable, même si Trump caresse l’espoir de la porter au-delà de 3 %…

La prochaine réunion de la Fed aura lieu les 10 et 11 décembre. Le statu quo est pour l’instant l’hypothèse centrale des marchés.

De part et d’autre de l’Atlantique, la tâche des banques centrales est délicate car les facteurs de risque sont peu dépendants du stimulus monétaire : les péripéties politiques autour du Brexit et la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine n’ont que faire des mouvements de taux…

La pentification de la courbe des taux profite à la trésorerie d’entreprise

La légère pentification de la courbe des taux que nous connaissons est bénéfique aux placeurs : les taux longs plus élevés permettent aux banques d’offrir de meilleures rémunérations sur les comptes à terme, tandis que la moindre progression des taux courts creuse l’écart entre l’EONIA et les comptes à terme et rend ces derniers plus attrayants en relatif.

Les comptes à terme sont le meilleur moyen de préparer 2020

Dans ce contexte favorable, les rémunérations des comptes à terme tutoient 1 % à 5 ans… un taux impossible à trouver sur le marché obligataire.

Faut-il souscrire avant ou après la fin d’année ? Comptablement, peu importe : le compte à terme est considéré comme un équivalent de trésorerie grâce à ses facilités de sortie à 32 jours.

Mais en pratique, n’attendez pas ! La baisse probable du taux du Livret A début 2020 viendra renforcer la demande pour le produit… et les capacités de collecte des banques ne sont pas infinies. Le plus tôt est le mieux pour être sûr de fixer des conditions attrayantes.

Rendement, sécurité et liquidité : le compte est à terme est gagnant sur tous les tableaux en cette fin d’année !

En savoir plus sur les comptes à terme

 

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