[Editaux] Statu quo sur les taux… pendant encore un an !

Taux monétaires

Depuis le dernier Editaux, les taux sont restés encore une fois absolument stables.

  • Eonia : -0,36 %
  • Euribor 3 mois : -0,32 %
  • Euribor 6 mois : -0,27 %

Côté taux longs, c’est aussi le calme total : le 10 ans français oscille entre 0,6 % et 0,8 %, traversant ainsi l’une des périodes les moins volatiles de son histoire.

OAT 10 ans sur les 5 dernières années. Source : Trading Economics

Une réunion de la BCE sans surprise

La BCE s’est réunie jeudi 13 septembre pour discuter de sa politique monétaire et a livré exactement ce que le marché attendait (et ce pour quoi il avait été dûment préparé).

Les principaux taux directeurs sont donc inchangés (taux refi à 0 %, taux de dépôt à -0,40%) et l’institution précise qu’ils le resteront « au moins jusqu’à l’été 2019, et dans tous les cas aussi longtemps que nécessaire ».

On peut se demander s’il est réellement « nécessaire » de maintenir en 2018 des taux directeurs plus bas qu’en 2008, période à laquelle la pérennité du système financier était remise en question !

Mais nous savons tous que Draghi s’applique à ne jamais surprendre les investisseurs par un ton trop précocement raffermi. Il garde donc des marges de manœuvre rhétoriques pour le moment voulu !

Bien que cela ne soit pas dans son mandat, il cherche aussi à « donner du temps » aux gouvernements de la zone euro pour mettre en œuvre des réformes budgétaires. Or, l’exercice est plus facile lorsque les charges d’intérêts sur la dette publique sont faibles.

Quantitative easing : arrêt programmé en fin d’année

La politique monétaire en période de Quantitative Easing se fait surtout en modifiant les paramètres des opérations « non conventionnelles ». Qu’en est-il des rachats obligataires qui maintiennent les taux longs à bas niveau depuis des années ?

Ici encore, du changement, mais aucune surprise.

Dès septembre 2018, la BCE ne rachètera plus que 15 Md€ par mois de titres obligataires, et, si ses prévisions d’inflation à moyen terme se confirment, cessera totalement les rachats fin décembre 2018.

Cependant, le soutien aux marchés ne s’arrêtera pas pour autant. Cesser d’acheter revient à lâcher l’accélérateur. Pour arriver au point mort, la BCE devra ensuite freiner, c’est-à-dire cesser de réinvestir les coupons et remboursements de capital des obligations détenues ! Ce sera un enjeu pour 2019 et 2020.

Première bonne nouvelle pour les placeurs !

Malgré ces taux bas, une première (petite) bonne nouvelle apparaît pour les placeurs de trésorerie : dans la perspective d’une remontée des taux directeurs en septembre 2019, l’Euribor 12 mois commence très légèrement à se redresser : de -0,19 % en avril dernier, il a grimpé jusqu’à -0,17 %.

L’Euribor 12 mois représente le taux interbancaire à 12 mois, et sert de référence à de nombreux prêts et placements. Au fil du temps, les 12 mois à venir intègrent de plus en plus de jours situés après septembre 2019, et donc à taux plus élevé. Cette remontée mécanique se produira sans doute dans 6 mois pour l’Euribor 6 mois et dans 9 mois pour l’Euribor 3 mois !

Les pays émergents tanguent

La forte volatilité observée sur les marchés émergents se propage, et ce sont désormais la Chine, la Turquie, l’Argentine, la Russie, l’Inde et le Brésil qui subissent la défiance des marchés.

Cette défiance se manifeste par des fortes baisses de la devise et des marchés d’actions et de dette locaux, et des réactions brutales des banques centrales pour tenter de maintenir la devise (+6,25 % sur les taux directeurs en Turquie qui passent à 24% ; première hausse des taux en Russie depuis 2014 à 7,5 %…).

Pourquoi maintenant ?

En premier lieu, il y a évidemment la politique protectionniste de Trump, qui pénalise tant les devises que les entreprises.

Ensuite, la hausse du dollar : du fait de l’arrimage partiel entre certaines devises et le dollar, toute appréciation du billet vert se ressent immédiatement sur la compétitivité.

Enfin, la remontée des taux US rend le marché moins complaisant avec le risque. Le T-Bond rapporte 3 % à 10 ans, et l’appréciation des rendements « high yield » offre des alternatives viables aux investisseurs en quête de rendement, qui troquent volontiers le risque devise pour le risque de crédit.

Ajoutez un calendrier politique difficile dans certains pays (élections incertaines au Brésil en octobre), un tassement de l’économie chinoise (qui ne peut croître à 7% de façon linéaire !) et tous les ingrédients sont réunis pour réanimer la volatilité trop facilement oubliée !

Il est impossible de savoir si cette volatilité deviendra l’étincelle qui mettra fin au cycle d’expansion actuel ou si elle se tarira d’elle-même.

Mais une chose est sûre : l’enjeu est plus important que par le passé, car le poids des pays émergents dans le PIB mondial croît d’année en année. Les BRICS ont été à l’origine de la moitié de la croissance au cours des 10 dernières années, et même si la croissance est aujourd’hui synchronisée, elle peut caler bien plus facilement que par le passé… ce qui remettrait en cause la trajectoire haussière des taux en zone euro !

Que faire avec sa trésorerie ?

Puisque les taux courts resteront probablement négatifs ou au mieux nuls dans les 12-18 mois, il reste opportun de troquer ses OPCVM monétaires pour des comptes à terme. Qu’ils soient bloqués ou progressifs, que leur sortie soit immédiate ou avec préavis, ils sont pertinents dès lors que leur taux est positif.

Pour un placement plus long (au moins 8 ans) les SCPI méritent d’être étudiées, surtout en cas de reprise de l’inflation car leurs baux sont en général indexés. C’est un moyen de diversifier un patrimoine, tout en bénéficiant de cash flows réguliers. La pierre-papier n’est pas réservée qu’aux particuliers : holdings et entreprises peuvent y trouver une belle alternative aux placements obligataires.

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Post Author: Nicolas