[Editaux] Powell relève à nouveau les taux américains… au grand dam de Trump

Le 23 septembre 1998, le fonds spéculatif LTCM doit dénouer ses positions en catastrophe, acculé par la crise financière russe.

Le 15 septembre 2008, la banque d’affaires Lehman Brothers fait faillite, emportée par la crise du crédit hypothécaire américain.

Septembre 2018 s’est bien passé… mais la volatilité est de retour sur les marchés !

Calme plat côté taux courts

Toujours rien à voir côté taux courts : EONIA et de l’Euribor sont inchangés depuis le dernier Éditaux.

  • EONIA : -0,36 %
  • Euribor 3 mois : -0,32 %
  • Euribor 6 mois : -0,27 %

En revanche, il y a du mouvement outre-Atlantique et sur les taux longs européens !

Powell remonte les taux, au grand dam de Trump…

Le 27 septembre, Jerome Powell, patron de la Réserve Fédérale américaine, a procédé à une nouvelle hausse des taux directeurs américains, les amenant dans la fourchette 2 %-2,25 %.

Il a également laissé entendre qu’un nouveau relèvement aurait lieu d’ici fin 2018, probablement suivi de trois nouvelles hausses en 2019, ce qui placerait le taux monétaire américain autour de 3 %…

Rappelons qu’au même moment, l’EONIA devrait à peine émerger de la zone négative !

Pour Powell, il s’agit de « maintenir la vigueur de l’économie américaine sur la durée », en précisant qu’il n’y a « aucune raison de penser que la probabilité d’une récession soit élevée l’année prochaine ou la suivante ». La Fed table sur une croissance du PIB américain de 3,1 % en 2018 et 2,5 % en 2019, alors que l’économie américaine s’approche de sa dixième année d’expansion continue, un record absolu dans l’histoire du pays.

Ce raffermissement des taux préoccupe Trump, qui craint qu’il ne casse la croissance et limite ses marges de manœuvre budgétaires…

Le taux attractif du T-Bond rend les investisseurs plus prudents

Le T-Bond américain, considéré comme l’un des actifs les plus sûrs au monde, rémunère aujourd’hui 3,15 % à 10 ans, son taux le plus élevé depuis 2011.

Un T-Bond plus rémunérateur accélère les rapatriements de capitaux placés ces dernières années sur les actifs risqués à la recherche de meilleurs rendements.

Pour l’heure, tant que persiste l’appétit pour le risque, les pressions restent contenues et concentrées dans quelques pays (Argentine, Turquie, Brésil, Afrique du Sud).

Mais à moyen terme, les investisseurs exigeront probablement une prime de risque plus élevée pour détenir des actifs émis par les États et entreprises ayant un recours trop important à l’endettement.

En zone Euro, la Banque Centrale Européenne souhaite normaliser sa politique monétaire mais l’Italie la contraint de garder le pied sur le frein

Après les difficultés à former un gouvernement, l’Italie doit désormais se confronter à la difficile question du budget.

Le budget italien proposé par le gouvernement populiste intègre des objectifs de déficit budgétaire (2,4%) trois fois plus élevés que ce que ne prévoyait le budget précédent, et aucune mesure n’est présentée pour réduire la dette publique de 132 % du PIB, la plus élevée des membres de la zone euro après la Grèce.

Soumis le 15 octobre à Bruxelles, ce budget suscite les doutes et les inquiétudes de la Commission Européenne, qui menace l’Italie d’un retour dans la procédure de déficits excessifs… Et les agences de notation enfoncent le clou en précisant que la note BBB de l’Italie n’est pas garantie !

En conséquence, le marché privilégie la prudence et se détourne de la dette italienne : l’obligation du Trésor italien à 10 ans s’échange désormais à 3,53 %, retrouvant son niveau de 2014, au sortir de la crise des dettes souveraines qui avait entraîné un grand programme de soutien exceptionnel… dont la BCE cherche actuellement à sortir !

Taux à 10 ans de l’obligation d’Etat italienne – Source : tradingeconomics

Sans soutien de la BCE, une légère tendance haussière pour l’OAT

En zone Euro, le calme plat de ces deux dernières années est terminé. Le marché obligataire doit désormais voler de ses propres ailes, guidé par les fondamentaux plutôt que le soutien de la BCE. La volatilité sur les actions nous rappelle que les ajustements peuvent être brutaux.

Néanmoins, ces chocs jouent aussi le rôle d’une force de rappel : en période de volatilité, la BCE est contrainte de ne pas trop raffermir les conditions monétaires pour ne pas provoquer de nouvelle crise.

Dans cette environnement plutôt haussier sur les taux, l’OAT 10 ans, l’obligation du Trésor français, emboîte le pas et s’adjuge une petite dizaine de points sur le mois, à 0,85 %.

Certainement pas une envolée, mais un espoir pour les trésoriers qui attendent depuis longtemps une remontée des rémunérations sur les placements !

Comment placer la trésorerie d’entreprise ?

La hausse des taux longs ne se répercute pas immédiatement sur les taux des comptes à terme. Leur rendement est surtout guidé par les taux courts.

En revanche, puisque le marché immobilier reste bien orienté, les banques doivent refinancer les prêts qu’elles accordent. Elles savent aussi qu’elles doivent limiter leur dépendance à la BCE, et cherchent donc à collecter les dépôts des épargnants et des trésoreries d’entreprise.

Pour le trésorier d’entreprise, c’est une opportunité : contactez Pandat et faites le point sur les offres du moment !

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Post Author: Nicolas